Forum RPG chronologique - Un monde dévasté, un dictateur, deux armées... quel camp rejoindrez-vous ?
 

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Chapitre 1 : Conférence

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MessageSujet: Chapitre 1 : Conférence Jeu 28 Juin - 13:01

Chapitre 1 : Conférence

14 mai 2025, Londres

Caleb regarda par la fenêtre de son petit appartement en baillant longuement. Il était à peine six heures du matin et il venait de se réveiller. Il resta un instant à fixer le décor de la ville anglaise avant de se décider enfin à se réveiller totalement et à se faire du café. Surtout se faire du café.

Résidant dans le quartier du West End, Caleb possédait une résidence des plus confortables : une grande pièce d'habitation comprenant la cuisine, deux chambres et, bien entendu, une salle de bain. C'était énorme, d'autant plus qu'il y vivait seul. Il se dirigea vers sa machine à café et pressa le bouton avant de regarder le précieux liquide noir couler lentement dans sa tasse. Il y rajouta deux sucres avant d'avaler le tout d'un trait, de façon à se réveiller rapidement. Rituel matinal nécessaire
.
Il s’attabla ensuite face à un déjeuner des plus copieux, histoire de finir de se préparer à affronter la journée. C’est à ce moment que son téléphone lança trois courte sonneries, indiquant par là même qu’il venait de recevoir un nouveau message. Il ouvrit rapidement son portable et tomba sur une série de chiffres, suivis de ce qui semblait être une heure de rendez-vous. Il ne lui fallut pas longtemps pour savoir ce qu’il avait devant lui. A savoir les coordonnées du lieu où lui sera attribuée sa prochaine mission.
Voilà qui était d’ailleurs pour le moins inhabituel. La plupart du temps, il se contentait de se rendre au QG, où on lui attribuait une salle de réunion. C’est là qu’il rencontrait son équipe et partait en mission. Recevoir un message de cette sorte lui était déjà arrivé, mais cela ne concernait que les missions rares. Celle dont le monde ne pouvait pas entendre parler. Il se demanda de quoi il pouvait bien s’agir cette fois. Il ouvrit son ordinateur portable et, dans un logiciel de localisation, entra la série de chiffres –des coordonnées- afin de trouver le lieu de rendez-vous. Cela renvoyait à une petite rue, dans le sud-est de Londres. Après une brève recherche sur le Web, Caleb décrivit qu’en réalité, le rendez-vous était dans un ancien théâtre désaffecté. Cette réunion étant fixée à 19h30, il avait largement le temps de s’y rendre, et de réfléchir à quel genre de mission on l’enverrait.

Il y passa une bonne partie de la matinée, imaginant les scénarios les plus improbables, cherchant ce qui pourrait justifier un tel rassemblement. Les réponses les plus improbables lui traversèrent l’esprit, allant d’une mission d’infiltration à des assassinats purs et simples. Cela l’aida à passer le temps en attendant de devoir partir.

A 17 heures, il sorti de chez lui et pris le métro, pour se rendre au point de rendez-vous. Il y serait à l’avance, ce qui n’était pas pour le déplaire, loin de là. Il pourrait ainsi observer les lieux et vérifier que tout allait bien. Lorsqu’il arriva à l’endroit prévu, il se trouva face à un vieux théâtre à l’ancienne qui, bien que décrépi, n’avait pas encore totalement perdu ce qui avait été sa splendeur passée. Calbe fit rapidement le tour de l’entrée et ne trouva rien de suspect. Il se décida alors à rentrer.

Si l’extérieur avait relativement bien survécu aux ravages du temps, il n’en était rien de l’intérieur. Comme d’habitude pour les lieux abandonnés, les murs étaient couverts de tags et autres sigles, et on trouvait au sol un nombre incroyable de cannettes et de bouteilles d’alcool, ainsi que quelques préservatifs usagés. L’odorat plus fin de Caleb protesta contre cette agression, mais il se força à continuer, jusqu’à enfin tomber sur la scène et les gradins.

Le ménage avait visiblement été fait. La pièce n’avait rien à se reprocher niveau propreté et on avait même réparé les sièges les plus abimés. Sur scène, on avait rajouté un écran géant, qui servirait visiblement à organiser des téléconférences. Il y avait également plusieurs caméras bien visible, et sans doute bien plus de cachées. Sans oublier quelques micros.

Il n’y avait encore personne sur place, ni celui qui lui avait donné rendez-vous, ni les autres membres de l’équipe. Aussi Caleb fit-il la seule chose qui lui semblait raisonnable : il s’assit sur l’un des sièges et attendit.

Consignes : Nous commençons enfin ! Jusqu’à présent, il n’y a pas grand-chose à dire : vous recevez tous le même message vous donnant rendez-vous et vous vous rendez dans le théâtre. Pour le reste… à vous de voir !
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MessageSujet: Re: Chapitre 1 : Conférence Lun 2 Juil - 9:23

14 mai 2025, banlieue de Londres

Quelque part dans une petite chambre miteuse, une sonnerie stridente déchira le silence. Le bruit résonna à de nombreuses reprises, semblant ne jamais vouloir s'arrêter, toujours un peu plus fort à chaque fois. Enfin, après un temps interminable, le tas informe que formaient les couvertures sur le lit se mit à bouger, et un bras en émergea. Il tâtonna sur la chaise qui servait de table de nuit, finit par mettre la main sur le téléphone portable d'où provenait la sonnerie. Avec un grognement, une chevelure blonde apparut, et une main fripée attrapa le portable puis appuya sur une touche. La voix froide et insensible de l'engin creva le silence réparateur, délivrant le SMS à voix haute. Il était à peine six heures du matin, qui pouvait bien avoir quelque-chose de si important à lui dire ?
Le jeune homme se frotta la tempe pour se réveiller. Une poignée de chiffres semblaient lui indiquer quelque-chose mais, mal réveillé, William mit quelques secondes à comprendre qu'il s'agissait de coordonnées GPS.
Avec un soupir, certain d'être incapable de se rendormir, il se leva et se gratta l'arrière de la tête en baillant. Même si la réunion n'était prévue qu'en début de soirée, il décida de quitter son appartement. L'espace exiguë qu'il offrait n'était pas fait pour lui.
Avalant rapidement une gorgée d'eau au robinet, il s'étira et chaussa ses bottines.
Quand il sortit de l'immeuble, l'air frais du matin le fit frissonner. Dans les bas quartiers, il faisait toujours plus froid. Comme si la misère qu'ils contenaient suffisaient à cacher le soleil.
Lorsque la Tribu lui avait proposé un appartement plus confortable au Siège, William avait refusé, préférant garder une certaine autonomie, quitte à vivre comme un clochard. Enfin presque... un clochard ne savait jamais où il passerait la nuit.

Le jeune homme zona longuement dans la banlieue, avant de rejoindre la galerie commerciale. Là, il s'assit au bar d'un bistrot et écouta d'une oreille discrète le flot des clients qui entraient puis sortaient des magasins. Il y resta plusieurs heures, le temps que son café refroidisse, mais il regretta d'avoir cédé à la gourmandise: le liquide brûlant tomba comme un poids au creux de son estomac. Il n'était jamais bien, ici. Une pensée lui traversa l'esprit, au moment où une altercation éclatait à quelques pas de là: avec un peu de chances, la mission qu'on lui confierait ce soir lui permettrait de partir de cet endroit. En tout cas il l'espérait.

Lorsque l'heure fut enfin venue, William rejoignit le centre de Londres, se guidant grâce à son téléphone parlant. Il lui fallait bien ça pour compenser la perte de sa vue, il aurait été incapable de se guider sans.
Quand il entra dans ce qui semblait être un vieux théâtre, une puissante odeur d'humidité et de moisi lui sauta au nez. Plissant les narines, il continua d'avancer, éteignit son téléphone. Il buta contre quelque-chose de mou, et quand il posa sa main sur le tissa duveteux, il comprit qu'il s'agissait d'un siège. Il fut tiré de sa léthargie par un bruit de pas dans son dos. Se retournant lentement, il entendit la respiration d'une jeune fille, le son de ses semelles sur le parquet sale.
Elle s'arrêta, incertaine, se demandant s'il était un ami ou un ennemi. William lui fit son plus grand sourire et se présenta brièvement.

"Vous devez avoir reçu le même SMS que moi" , finit-elle par lâcher. "Je m'appelle Lee Mac Ewen, je suis du DCM."

Il hocha la tête, et elle lui emboîta le pas quand il reprit son avancée à travers le théâtre. Enfin, ils parvinrent à la grande salle, et il entendit Mac étouffer un murmure d'admiration devant la scène, immense, majestueuse. Quelqu'un était déjà présent, William entendait le souffle chaud qui émanait de sa poitrine. Sans un mot, il s'assit quelques rangées en-dessous du jeune homme qui patientait, et fit de même.

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"La perfection m'ennuie, elle confond l'Art et l'excellence."
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MessageSujet: Re: Chapitre 1 : Conférence Sam 7 Juil - 14:05

14 mai 2025, parc dans Londre


Le soleil sort des branchages qui ont encore un peu de feuilles sur leurs branches maigres. Il n'y a pas d'âmes qui vivent dans ce pauvre parc, où les mauvaises herbes on prit possession du lieu. Plus beaucoup de personnes viennent pour se promener. Des branches s'écartent, et une jeune fille y sort. Elle fronce les sourcils devant le soleil, puis se frotte les yeux, encore embués de sommeil. Ash va s'assoir sur un banc où le bois apparait sous la peinture décrépis. Elle passe ses doigts dans sa longue chevelure, enlevant les feuilles mortes qui y sont emmelées. Et enfin elle se met en route à la recherche de quoi manger. Tanquillement, sans se presser elle marche jusqu'à la rue, qui est déjà pleine de monde. Aujourd'hui c'est le marché. Les habitants exposent le peu de biens, vendables qu'ils possèdent. Un sourire malicieux étire les lèvres de la gamine. Aujourd'hui elle va pouvoir satisfaire pleinement son estomac. Elle pénètre dans la foule.

Ses yeux sombres regardent tout autour d'elle. Enregistrent toutes les informations. Et qui va se soucier d'une jeune fille de 16ans? Personne, c'est ceci son avantage. Les marchands font surtout attention aux gamins éfflanqués et sales qui essayent vainement de piquer quelque chose. Ash s'approche d'un présentoire, celui qui le tient est occupé avec une mère de famille qui essaye de lui faire baisser le prix. Un pain noircit traine au milieu d'un ensemble de légumes maigrichon. D'un geste simple et rapide la jeune fille attrape le pain et quelques légumes, le tout dans sa sacoche elle s'éloigne, laissant le cri de la femme derrière elle.
Quand Ash quitte le marché, elle a réussit à piquer deux pains, des légumes, des fruits a peu près mangeables et des morceaux de viandes sèches. Un vrai festin. Mais grisée par la réussite de son vole, elle ne résiste pas quand elle voit en face d'elle, à quelques mètres un homme habillé de sombre mais les habits doivent couter cher. Un sourire éclaire le visage de Ash. Elle repère le renflement dans la poche du manteau de sa cible, a tout les coups c'est le porte feuille ou quelques chose de valeur. Elle prend son élan et se met à courir, droit sur l'homme. Ash le percute de plein fouet, et tous se passe vite. D'un geste fluide, sa main rentre dans la poche, attrapant l'objet convoité. Mais elle ne s'arrête pas, la jeune fille continue sa course, ignorant les cris de colère de l'homme.

Ce n'est que dans un ruelle, cachée des regards qu'elle regarde son butin. C'est un téléphone..Elle décu. Cela ne lui servira surement à rien. Mais sa curiosité naturelle la pousse à fouiller dans le téléphone. Ash tombe sur un message étrange: il n'y a que une série de nombres, ainsi que quelques mots. Tiens, un rendez-vous. Ses yeux parcours l'écran, enregistrant la série de numéros et elle se met à courir. Son instinct lui dit que ce rendez-vous est secret. La jeune fille sera surement pas la bienvenue là bas, mais sa curiosité et son envie permanente de dépasser les limites de la vie la convaincu d'y aller. Et pis de toute façon elle verra bien.

Elle arrive enfin au lieu de rendez-vous. Le vieu théâtre! Rapidement elle entra dans le batiment, ignorant les tags, seringues et bouteilles vident qui jonchent le sol. Mais elle sait qu'elle ne devrait pas être ici, donc elle grimpe dans un escalier qui l'emmene dans un balcon qui surplombe toute la pièce. Et il y a déjà plusieurs personnes. Un jeune homme emcapuchonné, une jeune fille blonde aux mèches bleus et un homme blond lui aussi. Tranquillement elle s'assoit sur la balustrade, laissant ses pieds pendrent dans le vide. Qui irait regarder dans le ciel?

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MessageSujet: Re: Chapitre 1 : Conférence Lun 16 Juil - 22:09

14 mai 2025, rives de la Tamise

Voilà deux jours que Eurydice Akhésa avait atterri à Londres. Elle comptait y passer quelques jours, pour s'aérer l'esprit et s'accorder quelques calme promenades dans les parcs, sous une fine pluie comme elle l'affectionnait. Ce n'était pas le même climat qu'en Australie, désespérément sec et chaud.
La jeune femme marchait paisiblement dans l'herbe humide qui bordait la Tamise, faiblement éclairée par l'aurore. Elle aimait faire des marches matinales, où elle profitait de la fraîcheur ambiante due à la rosée qui perlait sur la végétation.
Le bip strident de son téléphone portable dernier cri l'arracha à ses sombres méditations. Agacée, elle dégaina l'engin de son sac à main en cuir et jeta un coup d'oeil à l'écran. Une série de chiffre pour le moins intrigante figurait sur le texto reçu. Akhésa mis quelques temps à comprendre que la suite de chiffre était en réalité des coordonnées GPS, suivies d'une heure de rendez vous. Elle tapota les coordonnées sur une des applications de son téléphone, et la route à suivre s'afficha sur l'écran. Visiblement, l'endroit indiqué se situait dans un quartier désaffecté. Eurydice haussa les épaules. Elle aurait préféré un endroit un peu chic, c'est toujours plus agréable pour les rendez vous. Puis, elle soupira. De toute façon, c'était sûrement quelque chose d'important touchant aux Castes, alors ils n'allaient sûrement pas l'emmener dans les coins les plus huppés de la ville, il fallait qu'elle cesse de se faire des idées. Le rendez vous était fixé à 19 heures ; elle avait toute la journée devant elle.

Après sa promenade, elle retourna dans la chambre d'hôtel qu'elle avait loué à l'occasion de son petit séjour dans la capitale britannique. Ce n'était ni luxueux, ni miteux. Une catégorie intermédiaire, qui offrait un semblant de confort. Cependant, Akhésa avait choisis de dormir dans le canapé, car le matelas médiocre du lit lui massacrait le dos. Heureusement qu'elle ne restait que quelques jours. Quoique, il était possible que la petite réunion de ce soir l'oblige à prolonger son séjour.
Midi s'affichait à la montre de la jeune femme, et la faim commençait à se faire sentir. Elle descendit en ville, et commanda le culte Fish and Chips anglais dans une petite gargote. Un homme bien enrobé à la chevelure rousse et flamboyante lui tendit un cornet imbibé de l'huile qui se dégageait des frites et du poisson mixé enrobé de chapelure. L'odeur souleva le coeur de Eurydice, qui réprima un haut le coeur. Elle attendit d'être hors de la vue du gros cuisinier pour jeter le contenu du cornet dans la poubelle la plus proche. Qu'est ce qu'il lui avait pris de prendre un encas cuit en friture, alors qu'elle déteste tout ce qui baigne dans l'huile ? Elle se maudissait intérieurement. De toute façon, l'infâme odeur lui avait coupé l'appétit, alors elle ne mangerait pas ce midi.

L'après midi, la jeune femme le passa à visiter la capitale. L'omniprésence des chevaux l'étonnait beaucoup, c'était la première ville où elle voyait autant de cavaliers et de calèches dans les rues. Cela donnait quelque chose de mystique à cette ville, dont certaines rues sont joliment pavées. Akhésa s'arrêta devant la vitrine d'un café anglais. Ce serait l'occasion de goûter au célèbre tee break, en espérant que ce soit plus appétissant que ce qu'on lui avait servi ce midi. Elle poussa la porte vitrée qui s'ouvrit dans un son de clochette retentissant et s'attabla près d'une fenêtre. Une aimable serveuse lui apporta le fameux thé, accompagné de quelques biscuits secs. Le jeune femme huma la vapeur qui s'échappait de la tasse, puis porta le liquide brûlant à ses lèvres dans une expression de délice. Elle s'attaqua ensuite voracement aux petits sablés qui accompagnaient le doux breuvage. Savoureux. Elle paya l'addition tout en laissant un généreux pourboire, puis quitta le sympathique salon de thé. Machinalement, elle jeta un coup d'oeil à sa montre et s'aperçue qu'il était déjà 18h. Elle retapa les coordonnées GPS du lieu de rendez vous, et l'application lui indiqua que la destination se situait à une heure de marche. Akhésa soupira de paresse, puis se mit en route.

Une heure plus tard, elle déboucha au coin d'une rue et se trouva face à un bâtiment on ne peux plus vétuste. Elle grimaça, et espéra que l'application GPS s'était trompée. Elle retapa les coordonnées une énième fois, et elle eu la confirmation que l'horrible amas de briques qui se trouvait face à elle était bien le lieux de rendez vous. Il s'agissait d'un vieux théâtre désaffecté. Luttant contre son envie de faire demi tour, Eurydice pénétra dans le bâtiment. Une odeur de d'humidité et de moisi saisit ses narines et la fit s'arrêter net. Allez, ce rendez vous était sûrement important, il fallait qu'elle y aille. Un rat se faufila entre ses escarpins, et la jeune femme ne put s'empêcher de réprimer un hoquet de dégoût.
Après avoir zigzagué entre salles et couloirs, Akhésa trouva la pièce où étaient réunis d'autres membres. Elle sentit que quelques visages se tournaient vers elle. Elle ne leur accorda pas un regard, et pas un mot. Elle s'assit sur un siège grinçant et humide, puis consulta sa montre. Il était 19h02.
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MessageSujet: Re: Chapitre 1 : Conférence Ven 20 Juil - 23:11

14 mai 2025, heure et lieu incertains quelque part dans les quartiers sales de Londres


Le soleil se déversait dans l’appartement à travers les stores semi-clos, dessinant des rayures de lumière sur le sol et les murs. L’heure ? Aucune idée. Le réveil, si tant est qu’il avait sonné, n’avait pas réussi à percer l’inconscience qui la maintenait scotchée à son matelas inconfortable. C’était le bruit, l’effervescence du dehors et l’agitation de ses voisins du dessus qui avaient, à force d’insistance, glorieusement réussi à la tirer des bras d’un Morphée particulièrement possessif.
Et ce mal de crâne, bordel… Elle avait la désagréable impression que quelqu’un avait essayé d’enfoncer ses yeux – enfin, son – dans les orbites à coups de poings. Tout en martelant l’intérieur de son crâne d’un maillet et en tentant de lui arracher tous ses cheveux en une seule fois.
Une bonne vieille gueule de bois en somme, oui.

Elle trouva tout de même la force de s’extirper du lit, zombita jusqu’à la micro salle de bain et paracheva son réveil sous un jet d’eau glacé, s’habilla à la va-vite tout en avalant verre d’eau et dose d’aspirine exagérément forte, puis passa à la case grand café noir bien serré.
Voilà qu’elle se sentait à peu près redevenue elle-même, désormais. En simplement plus ronchon qu’à l’habitude, mais personne hormis elle ne s’en rendrait compte. Elle jeta un coup d’œil sur l’appartement dans lequel elle vivait, accordant plus d’attention qu’à l’habitude au bordel monstre qui y avait pris ses aises. Elle ne se souvenait pas être revenue ici hier soir – ou probablement ce matin –, et le fait que quelqu’un d’autre ait pu pénétrer dans son antre sans son consentement l’inquiétait. C’est donc tout en se fustigeant intérieurement pour son manque de professionnalisme – une erreur de novice, merde ! – qu’elle se décida enfin à vérifier que les rares effets important qu’elle avait ici étaient toujours intacts et à leur place. Une bonne idée, puisqu’elle lui permit dans la manœuvre de mettre la main sur son portable... ou plutôt de marcher dessus.
Une chose qui, vous en conviendrez, aurait été plutôt dommage quand on savait le message qui y attendait patiemment que sa destinataire veuille bien se rendre compte de son existence. Ce qu’elle fit tout en laissant échapper un juron tellement grossier qu’il ne sera pas retranscrit ici.

Oui, l’heure. Là. Eh bien, elle s’était vraiment réveillée particulièrement tard, parce que si elle ne partait pas de suite, elle avait de fortes chances d’être à la bourre… et ne se sentait dans l’immédiat pas la moindre envie de courir pour éviter ça. Or, elle détestait avoir du retard.

Elle attrapa un petit sac à dos et y fourra son nécessaire – toujours partir du principe que toute situation était susceptible de dégénérer –, glissa sa dague fétiche dans le fourreau fixé horizontalement sur sa ceinture dans le dos et que dissimulait son t-shirt, puis ingurgita les dernières gouttes de son café avant de quitter les lieux.
L’adresse où elle devait se rendre n’était pas la porte à côté, mais elle avait une connaissance des lieux plutôt bonne et évitait donc les pertes de temps qu’impliquait indubitablement le fait de ne pas savoir son chemin.
Quelque temps plus tard, la façade du théâtre inutilisé se dressait devant elle, vaguement miteuse et un poil lugubre. Elle poussa le battant de la porte qui s’y découpait et pénétra les lieux à pas prudents, rasant les murs et se faisant la plus discrète possible. Déformation professionnelle que tout ça : elle avait beau savoir les lieux sûrs – ou du moins valaient-il mieux qu’ils le soient, s’ils accueillaient une réunion un tant soit peu importante –, elle ne pouvait s’empêcher de guetter un danger potentiel. Finalement, elle déboucha dans une pièce où d’autres personnes patientaient déjà et abandonna sur le seuil l’attitude qu’elle avait adopté jusque là pour redevenir la nana à l’allure nonchalante qu’elle était généralement lorsqu’elle n’était pas en service. Un examen visuel rapide de toutes les personnes présentes accompagné d’un bref salut de la tête, et elle alla se laisser tomber sur un siège dans l’attente de la suite des évènements.
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MessageSujet: Re: Chapitre 1 : Conférence Dim 2 Sep - 20:02

Le vieux théâtre se remplissait peu à peu, de personne venant de tous lieux et de tous horizons. Tous les milieux sociaux semblaient représentés, et il y avait des personnes des deux sexes. Il semblait cependant à Caleb qu’il était, du moins pour l’instant, le seul infecté du groupe. Une nouvelle fois, il se demanda ce qu’ils faisaient tous là et ce qui pouvait bien justifier tant et tant de secret autour de ce qui, sans nul doute, serait une mission capitale pour la totalités des résistants. Le tout était de savoir laquelle.

Un quart d’heure, puis une demi-heure passa, les appelés se présentant, toujours un par un, plus ou moins à l’heure. Au terme de ces trente minutes cependant, il y eu un changement. Quelqu’un estima sans doute que l’on avait assez attendu, ou bien tout le monde était là. Toujours est-il que toutes les lumières s’éteignirent plongeant la salle dans l’obscurité la plus complète jusqu’à ce qu’un unique spot viennent éclairer la scène sur laquelle était apparu un pupitre et un micro.

Un homme apparut alors, sortant des coulisses, côté jardin. Il portait un costume noir, visiblement assez couteux et avait le visage dissimulé par un masque blanc, qui ne laissait voir que ses yeux, bleus tout deux. Il s’avança vers le pupitre d’un pas lent et mesuré et frappa le micro, trois fois de suite brièvement. Les baffles dissimulés dans la pièce crachèrent brièvement. Tout fonctionnait à merveille. L’homme prit alors la parole et enfin, ils surent pourquoi ils étaient là.

« Messieurs, Mesdames, Bonsoir. Navré de ne pouvoir me montrer à visage découvert, mais vu le caractère particulièrement sensible de ce qui va suivre, quelques précautions sont hélas nécessaires. Bien, passons tout de suite à l’essentiel, si vous le voulez bien.

Comme vous vous en doutez probablement, vous êtes ici parce que nous avons une mission particulière à vous confier, une mission qui pourrait radicalement changer le cours de la guerre contre les renégats. Vous possédez tous des compétences… particulières qui seront utile pour la réussite de cette mission, raison pour laquelle nous vous avons choisi. Vous comptez tous parmi les meilleurs dans votre catégorie. »


Une photo apparut alors derrière lui, sur un écran jusque-là dissimulé sous des rideaux. Caleb du retenir un cri de surprise en reconnaissant la jeune fille affichée. Il ne s’agissait en effet pas de n’importe qui : il ne s’agissait de rien moins que Victoire la dernière des deux sources, la seule qui soit encore en vie. Celle hors de qui on avait extrait les matériaux génétiques permettant la Greffe et, par extension, l’Infection. Celle qu’il n’avait rencontré qu’une seule et unique fois, mais qui l’avait durablement marqué. Celle dont les pouvoirs mutants pouvait assurer la victoire totale au camp qui la recruterait.

« Pour ceux qui l’ignorent, la jeune demoiselle derrière moi est le plus grand espoir de notre camp. Les capacités spécifiques qu’elle possède nous permettraient d’écraser les renégats en quelques semaines, et avec infiniment moins de pertes que ce que nous subissons pour le moment. Malheureusement, notre ennemi est également au courant de son existence et la recherche activement. Nous ne pouvons prendre le risque qu’il la retrouve avant nous.

C’est là que vous intervenez. Vous allez former une unité spécifique, aux moyens illimités et centrée uniquement sur la recherche de cette jeune fille. Officiellement, vous n’existez pas et, si vous êtes capturés ou tués, nous nierons totalement votre existence. Pas de mission de secours non plus. Bref, sur le terrain, vous serez la plupart du temps seuls. Ce théâtre vous servira de base principale et de lieu de liaison. C’est ici que vous ferez votre rapport, que vous analyserez les indices trouvés et que vous vous préparerez à vos différents départs. Si vous le souhaitez, vous pouvez également loger ici, de nombreux étages souterrains sont à votre disposition. Concernant le rapport de vos missions, vous le ferez à moi et à moi seul. Mon nom de code sera « Entremetteur ».

Vous trouverez votre premier ordre de mission sur cette scène, un exemplaire nominatif pour chacun d’entre vous. Lisez-le, il contient toutes les informations nécessaires. Votre commandant pour cette mission sera Caleb. Pliez-vous à ses ordres, et vous devriez survivre. Bien, messieurs, mesdames, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter bonne chance pour la suite. Et bon courage. »


Sur ces paroles l’ « Entremetteur » disparu dans les coulisses. Caleb le laissa partir, certain qu’il n’y aurait plus aucune trace de lui avant qu’il n’arrive sur scène, et réfléchit à l’immense responsabilité qui venait, d’un coup de lui tomber sur les épaules. Il allait devoir, assez rapidement apparemment, diriger le groupe de personnes disparates présentes dans cette salle, pour partir à la recherche d’une jeune fille, ce qui les conduirait probablement en territoire ennemi, la dernière fois qu’il l’avait aperçue s’étant déroulée aux Etats-Unis.

De plus, son infection n’allait surement pas jouer en sa faveur pour son rôle. Recevoir des ordres d’un homme à moitié animal n’allait pas être chose facile pour certains. Il se passa la main sur le visage avant de pousser un profond soupir. Il lui fallait faire quelque chose maintenant. Il se leva donc et s’éclaircit la voix avant de prendre la parole d’une voix forte.

« Bonsoir tout le monde. Je m’appelle Caleb et, apparemment, je suis le chef de cette petite… communauté. Pas la peine de m’assaillir de questions, ou de me demander pourquoi moi, je n’en sais pas plus que vous. Tout ce que je sais, c’est que j’ai déjà rencontré cette file une fois et que tout ce que cet homme nous a dit à son sujet est on ne peut plus vrai. Sa présence dans nos rangs changera le cours de la guerre. Maintenant, avant de nous jeter sur les dossiers qui nous attendent, je propose que l’on se présente les uns aux autres. Vu que nous allons travailler ensemble probablement durant un moment, autant savoir avec qui]nous sommes. »

Sur ces mots, il abaissa sa capuche, révélant à tous sa nature. Autant que tout le monde soit au courant le plus rapidement possible.


Consignes pour la suite : Hé bien, simplement la réaction et présentation de votre perso aux autres. Vous pouvez évidemment vous plaindre, être révulsés par Caleb, raler, être content, etc etc...
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MessageSujet: Re: Chapitre 1 : Conférence Sam 8 Sep - 12:08

Eurydice soupira. Elle détestait les discours. Trop ennuyeux, trop formel. Mais malheureusement, elle ne pouvait pas y échapper. L'orateur de ce soir avait retenu son attention. Non pas par ses qualités rhétoriques limitées, mais par son apparence. Le costume noir donnait une impression de luxe. Seulement une impression. La jeune femme savait très bien que l'étoffe n'était pas de la même trempe que celle qui compose les vêtements hors de prix qu'elle aime tant. Elle ne put dissimuler un sourire narquois. Pourquoi cet homme cherchait-il à paraître riche et soigné au milieu de ce public au look négligé et has been ? Sûrement pour montrer qu'il est supérieur et asseoir sa dominance. Son attention se porta sur le visage du mystérieux homme. Il portait un masque blanc, qui laissait uniquement apparaître deux yeux bleus perçants. Un personnage effrayant, en somme.
Akhésa, elle, n'avait pas fait de grands efforts d'habillement, mais n'en restait pas moins élégante. Elle portait un tailleur noir griffé Yves Saint Laurent, éclairé par un foulard fuschia ainsi qu'un sac à main assorti signés Desigual. Quelques discrets bracelets en argent illuminaient son poignet, et une bague en diamants noirs ornait son annulaire droit. Pour finir la tenue, elle avait choisi des escarpins noirs. Sobre, mais chic. Eurydice c'était contentée de fixer sa chevelure blonde en un chignon au style bohème, mais très travaillé. Son regard souligné de noir se voulait langoureux, et faisait ressortir à merveille ses délicats yeux bleues. Ses lèvres peintes en fuschia éclairaient à merveille son visage. Combien de temps avait-elle mis pour se préparer ? Certainement plus que ces pauvres pouilleux qui trônaient dans la salle.

L'homme au masque ne lui apprit pas grand chose. Elle connaissait déjà la majorité des informations. L'entremetteur... Pour avoir choisi ce nom de code ?
Le regard de la jeune femme se porta vers la photo, derrière l'homme. Un femme. Une apparence banale. Victoire, c'est cela ? Elle en avait entendu parler. Mais la voyait pour la première fois. Vraiment pas de quoi être impressionnée ! Et pourtant...
Cependant, un détail du monologue la chagrina. Elle n'était à Londres que pour quelques jours, et elle se faisait une joie de regagner l'Australie. Londres était une ville tellement morose et froide. Le vent chaud de Sydney lui manquait. L'entremetteur proposait à ses soldats de loger dans les souterrains du théâtre. Et puis quoi encore ? Déjà que Akhésa ne supporterait pas un colocataire, alors si en plus celui-ci est un rat. Bon, il faudrait donc se trouver un logement. Pour combien de temps ? Tellement de questions.

Un silence pesant régnait dans la salle. Même les rats ne faisaient plus aucun bruit. Puis un homme pris la parole, et déclara s'appeler Caleb. L'homme qui, d'après le discours, allait "mener" les troupes. Eurydice Akhésa écouta sa brève présentation. Il n'avait pas l'air spécialement sûr de lui... Un mauvais point pour un chef. Une fois sa petite tirade achevée, il demanda aux invités de se présenter. Puis, d'un geste théâtral, il ôta la capuche qui lui couvrait le visage. Eurydice resta interdite. Cet homme avait les traits d'un animal. Puis, elle se remémora cette histoire de greffe, que quelques mafieux lui avaient présenté brièvement, tout comme ils lui avaient touché deux mots sur la personne de Victoire. Caleb. Un infecté.

Elle attendit quelques secondes. Personne ne réagissait. Il fallait rompre ce silence. Comment ? Ah oui, se présenter... Pleine d'assurance, la jeune femme se leva, et gagna la scène. Elle gravit les quelques marches, saisit le micro, et se délecta du sentiment de dominance que lui procurait ce piédestal.

« Je ne me confondrais pas en politesse et banalités d'usage. Ma personnalité veut que j'aille droit au but. Je m'appelle Eurydice Akhésa Carter. Mon âge et mon histoire importent peu : tout ce que vous devez savoir, c'est que je fais partit de la Mafia. Comme vous tous, je suis désireuse de venir à bout des Rénégats. J'ai pour habitude de travailler en solitaire. Mais tous ensemble, nous formons une grande armée, unie vers le même objectif. Nous allons gagner cette guerre. »
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MessageSujet: Re: Chapitre 1 : Conférence Ven 14 Sep - 9:29

14 mai 2025 Quelque part en Amazonie

- C'est bon, tout va bien.
La jeune fille hocha la tête alors que la table du scanner s'éloignait de l'imposant anneau de métal. Elle resta soigneusement immobile jusqu'à ce que l'appareil s'immobilise. Lorsqu'elle ne ressentit plus le tremblement caractéristique de la mécanique au travail, elle se redressa et s'assit sur le bord de la table en plastique blanc. Elle voyait son médecin de l'autre côté de la vitre qui lui souriait gentiment. N°8 avait associé cet homme à ce qu'on appelait en général un homme bon. Il avait tout fait pour qu'elle puisse vivre pleinement dans son corps artificiel sans rien lui demander en retour.
La Persona avait traversé nombre de champs de bataille sous des centaines d'identités différentes. Elle avait trahit, trompé, tué jusqu'à plus soif, mais elle ressentait toujours quelque chose face à ce genre personnes. Comme si elle voyait quelqu'un d'un autre monde, l'autre face d'une pièce. N°8 était faite pour tuer, ça lui collait à la peau et cela jusqu'au bout des ongles. Lui était là pour réparer ce qu'elle brisait et la première chose de brisé qu'il s'était employé à réparer, c'était elle.
Ses pieds effleurèrent le sol avant d'approfondir le contact lorsqu'elle se laissa glisser et se campa sur ses jambes. Son corps d'apparence frêle était couvert par une sorte de robe en papier vert pour les besoins de l'IRM.
Elle remit son bandeau sur son œil gauche et n'arriva plus à distinguer son médecin de l'autre côté. Elle était habituée à ce changement, son œil était capable de bien des miracles, mais son utilisation abusive était extrêmement douloureuse. De l'autre côté de la vitre noire, elle ne distinguait plus qu'une forme flou. La voix de l'homme retentit alors à nouveau.
- Tu va pouvoir te rhabiller, rejoint moi de l'autre coté ensuite.
Nouveau hochement de tête, puis, d'un geste vif, elle déchira la robe. Aussitôt, la voix retentit de nouveau, paniquée.
- Hey attends je n'étais pas sorti ! On t'as déjà dis que tu ne devais pas faire ce genre de choses !
- Désolée.
- Je sais que tu devais obéir immédiatement aux ordres, mais là c'est un peu différent 8 !
N°8 avait encore beaucoup à apprendre sur la vie en communauté. Son médecin, le Dr Solen, avait mit beaucoup de temps pour pouvoir lui parler de manière familière. Le conditionnement de la Persona créait de nombreux problème, comme actuellement. Solen enchaina alors.
- Tu étais douée pour te faire passer pour quelqu'un d'autre pas vrai ?
- On m'a ordonné de ne pas le faire.
- Je sais. Ce que je veux dire, c'est que tu es parfaitement capable d'apprendre vite et de t'adapter. Essaye d'intégrer ce qu'on te dit à ta propre personne. Observe, forge toi une opinion et tente de te crée toi même.
La jeune fille resta silencieuse, fixant le vide devant elle. Son œil ne voyait plus la forme à travers la vitre. Elle s'approcha de la paroi de verre et posa le bout de ses doigts dessus. Ce que lui apprenait le Dr Solen était particulièrement difficile pour elle.
Il lui demandait régulièrement ce qu'elle pensait de tel ou tel chose plus ou moins simple. N'ayant jamais été autorisée à penser par elle même, donner son avis sur une chose basique -comme une couleur ou une musique- était relativement laborieux.
L'essentiel du problème résidait également dans le fait que N°8 ne posait pas de question ou très peu. Elle ne demandait jamais les raison de tel ou tel chose, simplement les chose qu'elle ne connaissait pas.
Des question simples. Des questions d'enfant.

Elle poussa la porte de la salle du scanner pour se retrouver dans le bureau de son responsable. Il l'attendait assit à son bureau. Une seringue était posé du côté ou la jeune fille devait s'assoir. Ses doigts se posèrent dessus puis elle hésita. Il la regarda avec un petit sourire, ses yeux l'encourageant à parler.
- J'ai déjà reçut une injection il y a une demi heure.
Ce fut tout, elle s'assit sur sa chaise, droite comme une lady, ses mains croisées sur ses genoux. Le médecin soupira avant de croiser ses doigts dans une attitude tout médicale. Il savait qu'insister ne provoquerait qu'un important blocage chez la Persona.
- Tu as bien tout compris lors du briefing ce matin ?
- Oui.
- Tu te sens prête ?
- Je dois être prête.
- Tu es sure ? Tu sais que tu as interdiction de jouer un rôle, tu devras être toi même, rappel toi.
- A vos ordres.
Elle s'exprimait en phrase brève et décidée, elle semblait néanmoins dénuée de passion. N°8 n'obéissait que parce qu'elle avait toujours du le faire. Puis soudain, sa carapace se fêla et elle se tendit. Il réagit en conséquence, sachant qu'elle mettrait beaucoup de temps par elle même.
- Je t'écoute ?
- Je ne dois pas être avec les autres ? A Londres ?
- Non, tu les rejoindras plus tard, lors du début des opérations. On ne veut pas que tu provoques un accident si l'un d'entre eux à une mauvaise réaction. Tu seras présentée mais tu n'y sera que demain.
Énième hochement de tête, peut-être plus vif que les autres.
- Bien, tes affaires sont déjà prêtes, l'hélicoptère t'attends dehors et te déposera à Rio. Tu prendras ensuite l'avion pour rejoindre Londre. Tu n'as le droit de te faire passer pour autre chose que dans l'aéroport.
N°8 se leva et adressa un salut militaire à son médecin avant de se diriger vers la porte. Juste avant de l'ouvrir, elle se retourna vers lui et tenta de lui adresser un sourire, comme il l'avait fait pour elle, derrière la vitre teinté.
C'était moins facile que lorsqu'elle était quelqu'un d'autre...

Le bruit de l'hélicoptère commençant à faire tourner ses pales évoqua plusieurs souvenirs à la jeune Persona. Elle ne savait pas quoi en penser, si ce n'est que la jeune femme blonde qui lui avait dit de fuir il y a longtemps aurait surement mieux sourit qu'elle.
Elle monta dans l'imposant appareil noir et vérifia la présence de ses affaires avant d'aller s'assoir près du pilote. Elle observa alors l'imposante masse verte de la forêt perdre la précision de ses traits. Au fur et à mesure de son ascension, elle devenait "quelque chose" de vert et d'immense, courant jusqu'à l'infini. Lorsque la forêt eu perdu son identité, N°8 regarda l'horizon.

Le texte reposait dans la poche de Caleb, écrit de la main du Docteur Solen, attendant d'être lu,.

Un autre Agent rejoindra vos rang durant la nuit voir la matinée de demain. Il s'agit de l'agent N°8. Ne cherchez pas à lui trouver un autre nom, elle n'en a pas. Sachez également que c'est une déserteuse Renégate. L'information ne vous est pas donné à titre d'avertissement, ne cherchez pas à la surveiller malgré son comportement.
Si vous avez d'autres information à savoir, demandez lui directement.

A l'intention du lecteur : Considérez N°8 comme une enfant. Un enfant qui découvre le monde et qui fait des erreurs. Mais également une enfant capable du pire des carnages. Faite attention à ce que vous lui dite, elle prend tout au pied de la lettre et la moindre métaphore peut devenir particulièrement problématique.


Étonnement, en lisant le mot, N°8 avait sourit et murmuré quelque chose. Le docteur Solen n'en était pas sur, mais il lui avait semblé entendre un simple mot.
"J'existe..."
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MessageSujet: Re: Chapitre 1 : Conférence Lun 17 Sep - 15:58

[ Londres, entrée des bureaux de l'ambassade de France ; 18h ]

- M. Sertillanges ! Vous voilà de retour ! J'ai bouclé le dossier que vous m'avez demandé de préparer.
- Très bien, Justine. Mettez-le en évidence sur le bureau, je dois le consulter au plus vite.
- Entendu, Monsieur.

Alors que la toute petite secrétaire repart aussi sec sur ses talons hauts et pointus, une autre jeune femme, aux boucles châtaines miroitant de chauds reflets roux à la lumière du soir traversant les baies vitrées du deuxième étage, s'empresse de débarrasser le diplomate de son long manteau noir. Puis elle recueille avec zèle pour le ranger le foulard de soie pourpre qu'il portait en guise d'écharpe légère afin de protéger sa gorge et sa voix des traîtres fraîcheurs intermittentes du printemps londonien.

- Merci, Bessy, fait l'homme dans un Anglais impeccable. Sauriez-vous où se trouve M. Civaux ?
- Certainement, Monsieur. Je l'ai vu dans son bureau, mais il s'apprêtait à partir.
- Avec un peu de chance, je vais l'attraper au vol. Pourriez-vous me préparer une aspirine, je vous prie ?
- Tout de suite, Monsieur.

Un tournant à gauche dans le couloir rayonnant de modernité et quelques portes translucides plus loin, Antonin Sertillanges tapote sur l'épaule d'un jeune homme blond voûté, occupé à fermer à clef la serrure de son bureau. Celui-ci sursaute, se redresse :

- Ah, vous êtes là ! Je pensais que vous rentreriez directement chez vous.
- Jamais sans avoir fait un dernier tour de piste. Vous avez achevé votre programme, Benjamin ?

Un sourire fier se fend sur son visage carré :

- Affirmatif ! Je vous l'ai envoyé par mail, et j'attends votre aval pour envoyer les brochures.
- Je vais y jeter un œil dès que possible, mais il n'y aura sans doute aucun problème. Je vous fais confiance. Pourriez-vous rappeler Clocksworthy à ma place demain matin pour régler les derniers détails ?
- Sans aucun problème, c'est noté.

La jeune stagiaire anglaise à boucles revient, un long verre d'eau opaque à la main. Elle ose d'une petite voix :

- Votre aspirine, M. Sertillanges.
- Merci beaucoup, Bessy.

Le verre change de main, respectueusement – les doigts se frôlent, involontairement.

- Dites-moi, Bessy, quelles sont vos fleurs préférées ?

Sertillanges avale le médicament d'un trait, non sans une légère grimace du coin des lèvres.

- Je vous demande pardon, Monsieur ?!

Le visage de la jeune femme tourne au cramoisi, formant un léger mais intéressant camaïeu avec sa chevelure.

- Je voudrais envoyer un bouquet à la Sra Moralez, mais je commence à fatiguer, avoue placidement le diplomate, en cherchant en vain un endroit où poser son verre (Elizabeth, alias Bessy, l'en débarrasse vivement). Si vous pouviez me donner une idée brillante, cela m'arrangerait.
- Vous vous êtes découvert un faible pour la femme de Moralez ?, hasarde Benjamin Civaux avec un œil vert perplexe et un petit sourire amusé.

Sertillanges lève les yeux au ciel.

- Il faut bien la remercier de son charmant gala de charité soporifique d'hier qui m'a fait perdre une soirée et passer une nuit blanche. Son mari me sera gré de l'occuper un peu avec quelques galanteries.

Devant le regard encore interrogateur de son subalterne, il poursuit d'un ton qui serait froid si sa voix n'était pas dotée d'un timbre d'une douceur innée :

- Il ne pourrait pas être plus outrageusement de la jaquette et elle moins dupe et plus pitoyable dans son rôle d'épouvantail. Pourriez-vous me soulager en vous occupant de ces futilités, Bessy ?, tranche-t-il en se tournant à nouveau vers la stagiaire avec un regard d'une infinie gratitude. Je laisse le choix des fleurs à votre inspiration, tant que cela reste assez classique, rien de trop tapageur. Sa robe était d'un violet sombre : si vous pouviez composer un ensemble autour de cette tonalité, ça la flattera sans doute. Quant à vous, Civaux – enchaîne-t-il en s'adressant à l'intéressé, qui se redresse –, il est temps que vous rentriez chez vous et vous reposiez un peu, ça vous remettra les idées en place. Et à moi aussi, d'ailleurs : dites à Melle Langevin de veiller à la fermeture de mon bureau, si elle n'est pas encore partie ; sinon ayez l'amabilité de le faire, Bessy : j'y vais.

Benjamin Civaux ne demande pas son reste et s'en va en sifflotant un air à la mode. Mais à peine Antonin Sertillanges a-t-il fait trois pas que l'alarme de son téléphone portable se met à jouer la première suite pour violoncelle de Bach. Le diplomate se mord l'intérieur de la joue et retient un juron à peine familier en se rappelant pourquoi il l'avait programmée à cette heure : il fait cesser la musique.

- Ça m'était sorti de l'esprit. Bessy, auriez-vous l'extrême gentillesse de me faire un café avant de partir ? La journée n'est toujours pas finie.
- Tout de suite, Monsieur.
- Ne vous inquiétez pas pour mon bureau : je vais le fermer moi-même. Et prévenez Rontgen que je n'ai plus besoin de lui, qu'il ne m'attende pas.
- Bien, Monsieur.

La petite anglaise s'active ; le Français s'éloigne de son pas silencieux, saluant au passage un collègue sur le départ, et entre dans son bureau personnel tapissé de diplômes. D'un mouvement leste du poignet, il saisit la clé USB que sa secrétaire a déposée à son intention sur le meuble en noyer, la considère quelques secondes, puis, posant en même temps au pied de la chaise la sacoche qu'il portait, il plonge la clé dans la poche intérieure de sa veste de costume, d'où il sort son téléphone portable.
L'écran s'éclaire. « Chauffeur » dit l'homme à l'appareil. Une petite série de noms s'affiche. De son pouce, il en sélectionne un : « Leïla Borio ». Un glissé du doigt, puis une sélection : « Envoyer un message ». Un clavier tactile apparaît, l'homme tapote quelques lettres et une ponctuation : « Prête ? » Un effleurement sur « Envoyer », et le message part.
Le portable retourne dans la poche intérieure, en compagnie de la clé USB. Antonin Sertillanges se passe une main sur le visage. Deux jours qu'il ne dort pas, et cet SMS qui arrive maintenant. Après tout, il l'a voulu : il ne s'en plaint pas. Mais il sort d'un tiroir du bureau un étui fin et une petite clef métallique et se sert de cette dernière pour ouvrir la petite salle d'eau attenante qui lui est personnelle. Une fois entré, il ferme la porte derrière lui.
Il fait face au miroir, s'inspecte d'un œil critique, pose l'étui au bord du lavabo. Puis – le robinet détectant la présence des doigts étendus et déclenchant l'arrivée d'eau – il se lave les mains à l'aide d'un savon en gel parfumé au jasmin et les sèche en à peine quelques secondes grâce au sèche-main à air pulsé installé à côté.
Il examine à nouveau son reflet. D'un mouvement délicat, il approche son pouce et son index de sa prunelle droite, et quand ceux-ci la touchent, ils semblent la pincer légèrement, la forçant à faire un pli : il jette la lentille de contact journalière dans la poubelle dont le couvercle s'ouvre automatiquement par détection de mouvement, et en fait de même avec celle de son œil gauche.
Il regarde à nouveau sa propre forme projetée dans la glace, cette fois-ci rendue floue par la myopie, comme un portrait impressionniste. Puis il se penche en avant, déclenche à nouveau le robinet, forme de ses deux mains jointes une large coupe au creux de laquelle il plonge son visage las.
Rafraîchi et délassé, Antonin se redresse et tamponne son visage d'une petite serviette immaculée, puis la repose parfaitement en place. Reprenant l'étui noir et fin, il l'ouvre. Il en sort une paire de lunettes rectangulaires, à l'armature métallique légère. Avec le carré de tissu microfibre qui tapissait le fond de l'étui, il les astique soigneusement, jusqu'à ce que les verres soient parfaitement limpides. Il baisse alors la tête afin de glisser plus facilement les branches derrière ses oreilles, puis la redresse.
Nouveau regard dans le miroir. Grâce au cerclage en acier, ses cernes se voient un peu moins. Il plonge une troisième fois la main dans sa poche intérieure, il en sort cette fois-ci une petite boîte ronde dont il fait sauter avec l'ongle du pouce le couvercle reproduisant la Méduse du Caravage. Au creux de sa paume gauche, il fait glisser un petit comprimé blanc, et amène sa paume jusqu'à sa bouche entrouverte. Il ferme les yeux ; attend quelques secondes. Il est prêt.
Alors qu'il sort de la salle d'eau, il échange avec sa poche son portable contre la petite boîte à pilules. La réponse à son message ne s'était pas faite attendre : « Parking. » Sertillanges sourit de l'éternelle concision laconique de son employée, à laquelle il a fini par s'habituer, la mimant même à son adresse. « Devant le bâtiment dans quelques minutes ? » : envoyé. Immédiatement reçu : « Ok ».Un léger bruit de porcelaine entrechoquée : il lève les yeux, voit Elizabeth poser une tasse et sa soucoupe sur son bureau.

- Votre café, Monsieur, murmure-t-elle comme si elle s'excusait.

Il lui sourit à son tour, s'avance, saisit l'anse de la tasse fumante.

- Merci, Bessy.

Et il la vide d'un trait, la repose sur la coupelle.

- Pourriez-vous me rendre mon manteau, je vous prie ?
- Oh, oui, bien sûr, il est pendu à l'entrée.

La stagiaire disparaît comme une flèche ; Sertillanges, après avoir repris sa sacoche, la suit d'un pas tranquille. Il n'a pas le temps d'arriver lui-même à l'entrée que la jeune femme lui présente déjà son manteau sur un cintre, son foulard à la main. Il saisit ce dernier, qu'il passe autour de son cou avec délicatesse, et elle s'empresse de l'aider à enfiler le long manteau noir.

- Merci beaucoup, Bessy. Passez une bonne soirée.
- Merci. Vous aussi, Monsieur.

Elle rougit. Sertillanges passe devant elle sans sembler la voir, s'engageant dans la cage d'escalier qui mène au rez-de-chaussée et, arrivé là, au monde extérieur.
Il s'arrête au bord du trottoir, lève le nez au vent. L'atmosphère est humide et sombre, mais pas encore pluvieuse. Une berline noire aux vitres légèrement teintées s'arrête devant lui. Il ouvre la porte arrière et s'engouffre à l'intérieur.
Une fois qu'il s'est installé, la conductrice lui montre son propre téléphone portable sans prendre la peine de se retourner. « C'est bien votre destination, M.Sertillanges ? » L'écran affiche des coordonnées chiffrées, et une heure : SMS identique à celui qu'il a reçu lui-même ce matin. « Tout à fait. » « Bien » : la jeune femme se débarrasse négligemment du téléphone sur le siège passager vide juste à sa gauche ; « J'ai fait un peu de repérage dans la journée, on y sera en un rien de temps. » « Parfait », répond le diplomate ; et il pose son front contre la vitre fraîche.
La route défile sous les roues, sans le moindre à-coup. La conductrice tapote nonchalamment sur le volant au rythme du tube de musique électronique que la radio déverse dans la voiture par les hauts-parleurs. « Auriez-vous l'obligeance de m'éteindre cette musique de singe ? Avec une migraine, c'est parfaitement insupportable. » La femme obtempère sans broncher : elle appuie sur un bouton et tout se tait. « Mettez donc plutôt du Beethoven. » Leïla Borio soupire, mais se plie à sa requête à un feu rouge, où elle a le temps de sortir le CD de la boîte à gants et de l'introduire dans le lecteur. La Lettre à Élise fait alors sonner ses délicates notes de piano et clore les paupières d'Antonin Sertillanges.
Celui-ci n'a pas vraiment le temps de s'endormir, bercé par la musique et le léger oscillement de la conduite ; le coup de frein à main final le tire brutalement de sa torpeur.

- Arrivés à destination, déclare son accompagnatrice d'un ton abrupt.
- Vous êtes équipée ?, lui demande-t-il en se penchant du côté conducteur.
- Toujours.

D'un seul mouvement, elle sort de la voiture, claque la portière et ouvre celle du diplomate. Celui-ci s'extrait à son tour de la berline.

- Fort aimable de votre part, merci bien.

Il lui emboîte le pas, et les phares du véhicule clignotent quelques instants derrière eux quand elle télécommande à l'aide de la clé le verrouillage des portes à distance juste avant de s'engouffrer dans le théâtre.
La femme marche en tête, le regard droit. Sertillanges laisse errer le sien sur les murs vétustes. Le lieu manque singulièrement de charme, remarque à part lui Sertillanges, enclin à penser par litotes. Les programmes de rénovation urbaine ont encore beaucoup à faire, décidément.
Peu à peu, une très vague rumeur parvient à leurs oreilles, comme le bruit étouffé de gens qui n'osent discuter trop fort, attendant un événement quelconque. Le diplomate et son chauffeur suivent la direction des voix, comme les enfants la flûte de Hamelin. Ils débouchent sur une scène, entourée de gradins.
Quelques paires d'yeux curieux se tournent vers les nouveaux arrivants, mais se détournent bien vite : un homme masqué a déjà commencé à prendre la parole, et suscite l'attention de son auditorat. Sans cesser d'écouter, Sertillanges avise un siège libre à proximité, s'assure qu'il n'est pas gorgé par l'humidité et s'y assoit, les jambes croisées. Heureusement, l'effet de ses consommations commencent à se faire pleinement sentir, renforçant sa concentration. Lorsque le rétroéclairage de l'écran s'allume, affichant la photographie de la jeune fille disparue, des reflets blancs apparaissent sur les verres du diplomate. Son visage reste impassible.
Seul un sourcil se soulève quand un deuxième homme intervient – « Caleb », juste un prénom, sans patronyme, comme on appelle un animal – et, à la fin de son intervention, rejette la capuche qui masquait l'essentiel de son visage. Un peu d'étonnement, c'est vrai, de voir un Infecté bestial. Mais plus de dédain de remarquer la contradiction entre l'être et son nom. Caleb, le « chien » en Hébreu, arbore un faciès résolument félin. Voilà le résultat d'une société qui ne donne plus de place à la culture, la renvoyant à une érudition inutile et obsolète, quitte à ne même plus savoir le sens des mots et des noms qu'elle emploie. Enfin. Ce n'est pas le pire des symptômes de cette gangrène qui ont pu émerger jusqu'à présent, malheureusement, ce n'en est qu'une petite scorie de surface. Alors, Caleb tiendra-t-il plus du chien ou du chat ? Les chiens, le diplomate les a toujours détestés : soumis, impudiques, masochistes. Toujours à essayer de partager leur affection littéralement dégoulinante avec leur langue large, épaisse et suintante. Si c'est le cas, pourquoi choisir un tel meneur ? Par une sorte de réflexe absurde né du souvenir, Sertillanges s'essuie les mains l'une contre l'autre. Il a toujours préféré les chats : indépendants, élégants, superbes. Et n'ayant qu'une toute petite langue sèche et râpeuse.
Perdu dans ces réflexions animalières, le diplomate en oublie d'intervenir en premier, comme il en avait l'intention, quand la parole est laissée aux spectateurs de cette curieuse conférence. Il en est tiré par une voix féminine, toute jeune, et en même temps d'une fermeté vaguement dédaigneuse. Le discours est simpliste, direct, flirtant avec l'irrévérencieux. « Eurydice Akhésa Carter. » Tout en l'écoutant, un regard bref sur sa mise lui apprend qu'elle doit aimer le clinquant, le tralala. Le genre de femme qui juge un homme sur le prix de l'étiquette de son manteau et l'ampleur de son portefeuille. Vulgaire, conclut Sertillanges, en palpant songeusement à travers son manteau une des aigues-marines serties dans ses boutons de manchette d'or blanc. Vulgaire à l'emballage chic, mais vulgaire. Ses hauts talons aiguilles rehaussant sa petite taille lui donnent un air d'oiseau moqueur. Lorsqu'elle lâche le microphone et descend vivement de la chaire et de la scène, secouant ses boucles blondes de poupée de porcelaine, le diplomate se lève à son tour et prend sa place d'un pas tranquille.
D'un index tendu, il tapote délicatement le micro pour que le son rendu lui indique comment placer sa voix, qu'il s'éclaircit. Celle-ci s'élève dans la salle, tranchant avec les précédentes. Plus sourde, plus grave, aux inflexions placides. Bien que parfaitement articulée, elle force l'auditoire à observer un silence complet pour entendre ce qu'il a à dire.

- Bonsoir à tous, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs. Je me confondrais volontiers en politesses et en banalités d'usage, remarque-t-il d'un air discrètement taquin en référence au discours précédent, mais puisque le goût présent semble à la concision, je vous épargnerai les démonstrations d'urbanité et autres circonlocutions chères à ma profession.

Tout en parlant, il enfouit sa main gauche dans une poche de son manteau, donnant une touche de négligence étudiée à la rectitude de sa silhouette.

- Mon nom est Sertillanges, Antonin Sertillanges, et je suis ici, en Angleterre, en qualité de diplomate français.

D'aucuns pourraient s'étonner de la nationalité du discoureur à l'écoute de la pureté de son Anglais ; mais la prononciation française de son nom n'a pas non plus à souffrir de fausse note. Qu'importe, il continue.

- En ces temps troublés, je suis heureux et fier de pouvoir mettre mes talents à contribution du Département de Crise Mondiale.

L'homme écarte légèrement son manteau et sa veste de costume afin d'enfouir une main dans sa poche intérieure...

- Voici, humblement, mon arme de prédilection.

...pour en sortir son téléphone portable.
Un rire narquois s'échappe d'entre quelques lèvres. Sertillanges sourit.

- Ne riez pas. Vous n'imaginez pas les merveilles que l'on peut faire avec un répertoire bien garni. Cela permet d'engranger des informations, dénicher de nouveaux contacts, étendre son champ d'influence, mais aussi d'ouvrir avec la plus grande discrétion possible de nombreuses portes, de nombreux coffres.

Il esquisse pendant un bref instant un de ces charmants sourires pleins de retenue dont il a le secret.

- Et même des cœurs, parfois.

Puis il hausse les épaules, jetant un regard bleu au plafond.

- Quoi qu'il en soit, je vous promets de faire mes preuves très vite pour vous en convaincre. En attendant...

Il désigne d'une main tendue Leïla qui, immédiatement, le rejoint à grands pas, d'un air sombre, sur la scène.

- ...je vous présente la jeune femme qui m'accompagne, Leïla Borio.

Alors qu'il lui tend le micro afin qu'elle le saisisse et commence sa présentation à son tour, celle-ci n'y touche pas, se penche juste vers l'objet et se contente d'un laconique :

- Chauffeur et porte-flingue.

Et s'éloigne de quelques pas, signifiant qu'il ne faudra pas lui demander de participer davantage à cette réunion d'Alcooliques Anonymes.

- Bien, reprend Sertillanges face à l'auditoire, pour combler le silence qu'elle laisse. Je vous remercie du fond du cœur de votre infinie patience et de votre bienveillance, et souhaite que notre travail ensemble se conclue par une grande réussite.

Sur ce, le diplomate se retire d'un pas silencieux, suivi comme par son ombre par son garde du corps.

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MessageSujet: Re: Chapitre 1 : Conférence Mar 2 Oct - 12:40

[William]
La découverte de l'homme qui se disait "entremetteur", et de la mission qui était assignée à leur petit groupe, surprit à peine William. Il connaissait suffisamment bien les pratiques du DCM pour ne pas être étonné par une telle procédure. Victoire, et ce qu'elle représentait, n'était un secret pour personne au sein de la révolution, et il en était probablement de même dans le camp adverse. Chacun, avec ses propres moyens, essayait de retrouver l'adolescente, en espérant que cela serait suffisant. Sinon, il serait probable que toute cette guerre finirait par une hécatombe. Or, même les Renégats ne désiraient pas cela: à quoi est-ce que cela peut bien servir de gouverner le monde, si ce dernier ne compte plus qu'une poignée d'habitants ?
Un peu plus tard dans son discours, l'Entremetteur annonça à tous que le dénommé Caleb serait le chef de leur petit groupe. William avait déjà entendu ce nom: le jeune homme avait été l'un des premiers Infectés à rejoindre la Tribu. S'ils ne s'étaient pas encore rencontrés officiellement, l'Agent avait entendu de nombreuses rumeurs à propos du côté bestial de l'intéressé, particulièrement efficaces en combat rapproché. Mais ces dires se complétaient également d'une espèce de respect pour ce Caleb: il était apparemment quelqu'un de confiance, expérimenté, plein d'empathie. William apportait suffisamment d'importance aux rumeurs qui couraient dans la Tribu (elles étaient toujours fondées) pour décider que l'Infection de son nouveau chef ne le dérangeait nullement: après tout, il cotoyait des Infectés depuis un bon bout de temps, maintenant! Comme pour appuyer son jugement, le jeune homme monta sur la scène. Son discours fut bref, mais sincère, et William fut néanmoins soulagé de ne pas retrouver à travers ces mots pleins de bon sens la prétention qui transparaissait parfois chez les nouveaux gradés.
La majorité des personnes présentes s'était déjà présentée: une jeune femme soignée (un peu trop ? William devina à son parfum qu'elle appartenait à la Famille, car toutes les femmes de la Mafia apportaient un soin particulier à leur apparence, et à ce qu'elles dégageaient en général), un homme accompagné d'une assistante, probablement plus habitués à manier les mots que les armes. Lorsque le silence fut revenu dans le vieux théâtre, William s'appuya sur le dossier du siège devant lui et se leva:
"Bonjour à tous! Je fais quant à moi partie de la Tribu, et mon nom, ou plutôt mon numéro, est n°13. Mais je pense que tout le monde sera plus à son aise si je me fais appeler William", ajouta-t-il avec un petit sourire. La plupart des gens n'appréciaient guère le fait que les soldats de la Tribu portaient un numéro, comme un objet possède un code barre. Il poursuivit sur le même ton, naturellement dégagé et détendu, comme à son habitude, ne dissimulant aucune fausse vérité: "Je suis heureux de participer à cette expédition secrète, en partie car elle est dirigée par l'un des membres les plus connus de la Tribu en ce moment" Il tourna son visage vers l'endroit où devait se trouver Caleb, et lui sourit poliment. "Bon ben... je crois que c'est à peu près tout." lâcha-t-il après un bref silence. Il se rassit dans son fauteuil poussiéreux, attendant la suite des évènements.

***

[Lee Mac Ewen]
Lee était morte d'inquiétude. Oh bien sûr, elle n'aurait pas du: après tout, elle était un membre du DCM! Elle aurait du se montrer forte, incroyablement intelligente, et spirituelle, même. Sauf que ce n'était pas le cas. L'annonce de leur mission en partance, et de leur chef -chef qui avait des oreilles de chat sur le crane!-, n'avait fait que l'angoisser d'avantage. Après que tout le monde eut prononcé quelques mots (déclarations que Lee avait plus ou moins écoutées, tant elle était sous le choc), la jeune fille comprit que c'était son tour. Tremblante, elle croisa le regard insistant des autres membres présents, et déglutit avec difficulté. La jeune femme qui disait se nommer Eukhésia Carter avait un regard vraiment terrifiant, et le sourire froid et faussement amical de cet homme politique, là-bas, n'arrangeait rien. Même les airs rassurant du jeune-homme-chat et de l'aveugle prenaient des airs inquiétants. Brusquement, Lee espéra que cela n'était qu'un mauvais rêve, un cauchemar comme il lui arrivait encore d'en faire de temps à autre. Et puis si ça se trouve, elle ne se ridiculiserait même pas! Inutile donc de pleurer avant d'avoir mal.
Incapable de se lever sous le poids de tous ces regards, la jeune fille resta assise, ou plutôt prostrée au fond de son siège. La gorge sèche, elle baffouilla quelques bribes incompréhensibles avant de parvenir à articuler:
"Bon... bonjour... je m'appelle Lee Mac Ewen, et je suis un membre du Département de... de Crise Mondiale." S'obligeant à respirer, elle inspira brusquement et souffla d'une voix faible et d'une seule traite: "Je dois vous avertir que je ne suis en aucun cas un agent de terrain. Je ne me suis jamais battue, je n'ai jamais... heu... tué personne. Enfin, je ne dis pas que vous tous vous... (elle s'empourpra et baffouilla de plus belle) Heu... ce que je veux dire, c'est que j'ai plus l'habitude de travailler seule, dans le calme, qu'avec un groupe d'inconnus." Priant pour que ce dernier aveu ne soit pas mal perçu, elle rentra la tête dans les épaules et détourna le regard, horrifiée. "Vite", songea-t-elle. "Vite, que quelqu'un prenne la parole, pour qu'ils oublient ce que je viens de dire..." Ils n'étaient même pas encore partis en mission qu'elle désirait déjà retourner dans son lit, s'endormir et oublier ce qu'il venait de se passer. Cela promettait d'être désastreux.

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MessageSujet: Re: Chapitre 1 : Conférence Mar 13 Nov - 4:08

[Londres, 19h51, un vieux théâtre abandonné]

Leïla s’engagea dans le couloir sombre.
Elle avait entendu un bruit de verre écrasé pendant le discours de William.
Je reviens tout de suite, avait-elle soufflé à Antonin.
Il lui avait à peine jeté un regard quand elle était parti en direction des coulisses.
Bien que très fugace, elle était persuadée que ce bruit révélait la présence de quelqu’un. Quelqu’un qui ne voulait pas se montrer sinon il aurait rejoint le groupe.
En effet, devant elle, une silhouette cherchait à rejoindre la sortie le plus discrètement possible. Ce devait être la responsable du bruit. Leïla s’approcha encore plus silencieusement, son revolver bien ancré dans sa main et le pointa sur la nuque de l’inconnu.

Une sensation de froid parcouru Alexandre de la tête aux pieds. Il la connaissait et s’immobilisa immédiatement. Impossible d’oublier l’effet d’un canon de revolver sur la nuque.
La scène.
Les deux mots furent soufflés par une femme. Il n’y avait aucune hésitation dans sa voie ou dans son bras. Elle connaissait son boulot et n’hésiterait pas à appuyer sur la gâchette au moindre écart de sa part.
C’était une journée de merde quand il y repensait.

[8h42, un hôtel crasseux en banlieue londonienne]

Un grognement s'élevait de la chambre miteuse indiquant qu’il venait de se réveiller. Les rayons du soleil qui filtraient par le store avaient finalement trouvé son visage. Il ouvrit les yeux et sa rétine absorba directement les rayons du soleil. Temporairement aveugle, il s'assit dans le lit en grognant. Hors d’atteinte des meurtriers rayons, il ouvrit les yeux et fit rapidement l'inventaire de la chambre. Une tapisserie délavée, une armoire en bois et une table miteuse d’un côté, la fenêtre traîtresse de l’autre, deux portes séparées par un miroir qui avait dû connaître de plus beau jour en face de lui. Il ne reconnaissait pas cette chambre. Il se leva avec, à son regret, un grincement sinistre du lit et, accompagné par le grincement tout aussi sinistre du parquet, essaya de reconnaître vainement le quartier à travers les lattes du store.
Mais où avait-il bien pu atterrir ? La fenêtre coulissait suffisamment pour une évasion. Il n'était qu'au second étage, une fuite était donc envisageable. Les deux portes qui donnaient accès soit à une pitoyable salle d'eau, soit à un couloir désert jalonné de portes toutes identiques, n'étaient pas verrouillées. Il était donc bien dans un hôtel et il n'était pas prisonnier. Ou alors ces geôliers avait une drôle conception de la prison.

Il passa dans la salle d'eau pour achever de réveiller tous ses sens et se remémora son parcours jusqu'ici. Cela faisait presque un mois que la Tribu l'avait envoyé en Écosse avec une équipe pour y surveiller un centre d'infectés géré par des renégats. Mais pourquoi lui ? Lui qui parlait anglais comme une vache espagnole. La Tribu comptait des centaines d'agents plus performant que lui pour cette mission. Mais non Jared avait insisté pour que ce soit lui. Encore un ordre Jared ! Il le supportait de moins en moins, ce « monsieur parfait ». Et où était le reste de l’équipe ? Jamais ils ne l'auraient laissé se réveiller aussi tard. La journée commençait bien !

Ses habits étaient dans un état lamentable. Sa veste était déchirée et présentait des traces de sang. Un costume qu'il avait fait venir directement d'Italie ! Il avait dû se battre la veille. Cela expliquait ses courbatures et l’état de son costume. La journée commençait vraiment mal. Et où était le coupable de ce crime ? Dans une benne à ordure ou encore en vie et le cherchant ?

Légèrement énervé par ce début de journée, il ouvrit l'armoire espérant y trouver des vêtements et fut accueilli par trois costumes noirs, identiques, présentant l'inscription A.D. sur le revers de la boutonnière. A.D.… Ces initiales ne lui était pas inconnues, mais impossible de se souvenir de leur signification dans l'immédiat. Il enfila le costume qui lui allait comme un gant à la différence des souliers qui étaient trop petit. Il remit donc ses souliers marrons après avoir vainement tenté d’y enlever des taches de sang.
Tsss. Quelle faute de goût.
Il fallait remédier à cela au plus vite. Le costume présentait des reflets bordeaux. Il était accompagné d'une cravate verte émeraude en soie et d'une chemise immaculée en coton. Il se surpris à sourire en s’habillant : avec une telle tenue il avait parfaitement sa place dans une quelconque famille de mafieux. Par ailleurs, s'il y avait une chose qu'il respectait chez la mafia, c'était bien leur éternel goût vestimentaire. Ça changeait des tenues d'agents qui, bien que fort pratique en combat, n'étaient pas à son goût.

Il s'approcha alors de la table qui offrait une véritable armurerie personnelle. Antonio Dipstol ! A.D., le parrain de la mafia londonienne et du sud de l’Angleterre. Mais que faisait-il dans la chambre d'un sous fifre de cette mafia ? Et surtout, que venait faire la mafia londonienne à Edimbourg ? Il était debout depuis seulement 20 minutes et il nageait dans l'incompréhension.

Au dessus de toutes les armes qui occupaient la table se trouvait une enveloppe portant son nom. Il s'empressa de l'ouvrir à la recherche d'une quelconque réponse, mais n'y découvrit qu'une feuille pliée en deux où était inscrit : Qui es-tu ?.
Mais merde à la fin ! s'énerva-t-il en chiffonnant la lettre avant de la jeter de rage.
Depuis maintenant un mois il retrouvait cette question quotidiennement à son réveil. Depuis son arrivée en Écosse et son enquête sur les infectés. Avait-il été contaminé, ou alors était-ce en relation avec ses pertes de mémoire.

Un bruit strident le fis tomber à genoux. Cinq sonneries puis le silence revient dans la pièce. Où était donc ce foutu téléphone ? Il le trouva finalement avec une autre feuille dans une poche de son ancien costume. Ce n'était pas le sien. Un nouveau message : une série de chiffres et une heure. Encore une énigme. 19h30, il avait toute la journée pour découvrir sa signification. Quant à la feuille, une série de nom. Tous à consonance italienne. Ils devaient être liés à la mafia. Mais d'abord un rapide déjeuner, découvrir où il se trouvait, et, plus que tout, changer de chaussures.

Il ne croisa personne en sortant de l'hôtel. En face, se trouvait un pub « The drunk princess ». Il n'était définitivement pas à Edimbourg. À peine eu-t-il franchit sa porte qu'il se retrouva dans un pub obscur rappelant étrangement les grandes heures de la prohibition américaine du siècle dernier. Il fut accueilli par une femme blonde et bien en chaire qui venait de sortir de l'obscurité qui traînait autour du bar :
− Ah Mimo, j'ai cru que tu ne te lèverais pas aujourd'hui. Je t'apporte tes œufs de suite.
− Quoi ? s'étonna-t-il en avança dans la faible lumière du pub.
– Oh pardon. Je t'ai confondu avec un de tes collègues. Comme vous portez tous le même costume, il est difficile de vous distinguer les uns des autres dans la pénombre. En plus tu as la même carrure que Mimo. C'est lui que tu cherches ?
– Euh … oui. Je suis son nouveau collègue. Je commence aujourd’hui
, improvisa Alexandre
− T’es nouveau ici toi. Tu as un fort accent italien. Tu comprends l’anglais au moins ?
− Oui, je le comprends mais c’est difficile pour moi de parler.
− Et qu’est ce que tu lui veux à Mimo ?
− On m’a dit de le voir ici mais je sais rien de lui.
− Pourtant Mimo, c’est pas un cachottier.
Ajouta-t-elle dans un petit rire. Tu verras, c’est un brave type. Toujours prêt à rendre un service. C’est pas compliqué tu veux quelque chose, et bien Mimo te le trouve. C'est l'antiquaire de Londres comme il aime à s'appeler. Tu peux l’attendre ici, il prend toujours son p’tit déj ici.
– J’étais dans sa chambre à l’hôtel mais je ne l’ai pas vu.

La femme avait arrêté de sourire pour adopter un ton sérieux :
− C’est qu’il doit avoir une affaire urgente à traiter et dans ce cas bon courage pour le retrouver. Tu peux repasser ce soir. Si je vois Mimo, je lui dirais que tu le cherches.
− J’ai reçu ce message ce matin
, la questionna Alexandre en lui montrant le message. Je crois que c’est lui mais je ne comprends pas ?
− Attends. On dirait des coordonnées GPS,
dit-elle en sortant son smartphone. Elle inséra les coordonnées dans l’application adéquate. Effectivement, c’est bien des coordonnées. Tu doit le retrouver ici. Elle lui indiquait un point sur la carte du petite écran rétro-éclairé de l’appareil. C’est pas le meilleure coin de Londres. C’est un vieux théâtre je crois. Ça sens la réunion discrète ça. lui lança-t-elle avec un petit sourire.

De retour dehors, il prit un bus qui l’emmenait vers le centre ville. Le déjeuner avait été bon mais la tenancière, quelle pipelette. De plus elle avait tout l’air d’être une informatrice de la mafia locale. Mais elle lui avait rendu de bon service : il était à Londres et savait où devait être Dominico alias Mimo se soir. Il obtiendrait peut être des réponse là bas.

Il passa toute la matinée de boutique en boutique pour trouver la paire de soulier idéal. Ils avait fini par les trouver dans une petite boutique à deux pas de Soho. Des souliers noir et mat avec une fine bande blanche qui courrait tous le long de la semelle.

Enfin il avait appelé la Tribu en utilisant le numéro d’urgence. Il avait ainsi appris le massacre de la mission d’observation à Edimbourg il y a une semaine et sa disparition. Impossible, ils étaient tous à Edimbourg hier. Il avait raconté son réveil dans la chambre du mafieux, mais la Tribu insistait pour qu’il rejoigne l’antenne locale afin qu’il y subisse des examens. Il était peut être infecté. Jared était sur place et le rencontrerait. Encore Jared ! Si les anciens en avait décidé ainsi.

Ce n’était pas la fin de ses surprises. Une fois arrivée au refuge, il fut fait prisonnier et interrogé sur le massacre de son équipe. Il était devenu définitivement un traître aux yeux des anciens. Mais pourquoi ? Il ne se souvenait même pas de cette dernière semaine. L’argument décisif de sa traîtrise disaient-ils.
Le clou du spectacle était venu quand Jared avait pris sa défense. Il avait réussi à convaincre les autres anciens de la bonne foi d’Alexandre et de profiter de l’occasion de cette réunion mystérieuse pour en apprendre plus sur la mafia londonienne. Il n’était pas dupe. Il savait qu’il avait le rôle du poisson entre deux requins : d’un côté la mafia londonienne, de l’autre la Tribu. Au moindre écart dans un sens ou dans l’autre il signerait son arrêt de mort.

Il fut finalement conduit devant l’entrée des artistes du théâtre avec près de 20 minutes de retard sur l’horaire du rendez-vous.
Des agents sont placés sur le toit des immeubles aux alentours et des voitures sont prêtent à partir au moindre souci, lui avait-on rappelé avant qu’il n’entre dans le fameux théâtre.

L’entrée n’était pas gardée. Il reconnu immédiatement l’immonde odeur des endroits inoccupés : un mélanges de moisissure, d’urine et d’alcool. Il entendait des voix. La réunion devait avoir commencé. Il monta dans les loges pour avoir une vue d’ensemble. Aucun garde, c’était étrange. Il découvrit une jeune femme blonde sur scène, d’apparence soignée, qui se disait appartenir à la mafia. Soit, mais le reste du groupe, plus qu'hétéroclite ne pouvait y appartenir lui aussi. Cette réunion d’anciens élèves ne lui serait d’aucune aide. Autant sortir et laisser la Tribu faire ce qu'il fallait de ces drôles de loustiques.

Il avait marché sur l'un des nombreux déchets de bouteille de verre qui traînaient au sol en essayant de rejoindre la sortie. C’est ce qui avait dû le trahir.

Et voila que maintenant il se faisait braquer. Une vrai journée de merde en définitif.
La pression s'accentua légèrement sur sa nuque. Il obéi en avançant espérant ainsi rompre le contact avec l’acier glacé du revolver. Malheureusement pour lui elle le suivait comme son ombre dans un silence parfait sans que le revolver ne bougea d'un pouce.
C’est dans ce même silence qu’ils firent irruption sur scène sous les yeux médusés de l’assistance.
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MessageSujet: Re: Chapitre 1 : Conférence Ven 23 Nov - 21:50

[Rio 17h51, aéroport]

Une femme en tailleur rentra dans le salon des 1ère classe. Cette même classe qui imprégnait chacun de ses faits et gestes. Ses vêtements simples mais élégants, sa démarche et sa tenue de lady, son regard brillant et alerte. Elle parcourut l'assemblée du regard et constata avec satisfaction que son entrée, bien que parfaitement normée, avait été remarquée. C'était là tout le panache d'une femme de son rang, devenir le centre de l'attention en un clin d’œil pour ensuite se faire oublier avant de resurgir, flamboyante, tel un phœnix.
Les apparences, les faux semblants... Les sourires forcés en levant une coupe de champagne dans une soirée mondaine. Ses heures à parler encore et encore de l'avenir du monde avec des gens qui au final n'avait rien d’intéressant. Tel était le visage de la classe des privilégiés. Les gens qui faisait danser le monde ne savaient plus rien de lui en dehors des colonnes de chiffres qu'on leur servait au petit déjeunez, à côté d'un téléphone qui, déjà, sonnait sous l'injonction d'un numéro à l'autre bout du monde. Les hommes d'affaire n'ont pas d'heure. Ils vivent à celle des autres et ces même autres vivent à la leur. Le jour et la nuit, tout cela n'avait plus d'importance pour ces gens qui ne savaient plus vivre. Après tout, déclencher une guerre ou réinstaurer la paix se fait de la même façon. Il suffit d'une quantité immense de papier et de gens prêt à vous croire.
Tout ces détails, Emma Burncastel n'y pensait plus. A quoi bon après tout ? Ce qui comptait était la survie et pour cela, dans cet aquarium remplie de crabe et de requin, il fallait soigner les apparences et mordre le premier.

De sa démarche chaloupée, sans jamais croiser les jambes pour autant, la femme d'affaire se dirigea vers un fauteuil en cuir, et s'y assit. Un hôte se matérialisa à ses côtés, s'enquit de ce qui lui plairait et disparut aussitôt sa commande faite.
Un journal et un café noir.
Croisant avec élégance une jambe par dessus l'autre, elle posa son coude sur l’accoudoir en cuir à côté d'elle. Le fauteuil était confortable, malgré le nombre de riche postérieur s'y étant posé. En cuir de couleur bronze, il était particulièrement long. Attendant l'arrivée de sa commande, elle relança un regard au reste du monde. Dans le salon, il y avait d'autres hommes d'affaire certes, mais d'autres gens aussi, ayant brisé leurs futiles économies pour se payer un week-end de luxe dans une antenne bondée. Rien de bien transcendant en quelques sorte... Puis elle la vit. Lorsque les yeux verts se posèrent sur elle, elle ne parvint pas à penser quelque chose d'elle. Elle ne parvint pas à avoir ne serait-ce qu'une esquisse de qui elle était.
La jeune fille, assise sur le même fauteuil qu'elle, avait l'allure d'une fille bien élevée provenant d'un quelconque pensionnat anglais. Se tenant droite, elle lisait un petit livre qu'elle tenait à la hauteur de son visage dans une seule main. Robe blanche, lui arrivant au-dessous des genoux, ballerine dans le même ton lassées jusqu'au milieu de ses mollets, ses habit dégageait autour d'elle une aura du pureté. Remarquant qu'on l'observait, elle tourna son visage vers Emma, soutint son regard quelques instant avant de pencher la tête de côté et de lui demander dans un sourire.

- Je peux vous aider ?

La voix de la jeune fille la ramena à la réalité. Elle remarqua alors avec effarement que ce si joli visage était gâche par un détail impie. L’œil gauche de la jeune fille était masqué par un bandeau noir, simple, comme si la petite anonyme avait conscience que même si elle portait le bandeau le plus beau du monde, il ne pourrait pas remplacer la grâce de son œil.
Mme. Burncastel dit alors du bout des lèvres.

- Non, je regardais dans le vide, continuez votre lecture, ne vous occupez pas de moi.

Hochant doucement la tête, elle obéit docilement, sans chercher à lier la conversation plus en avant. L'annonce se fit alors que le vol pour Londre allait décoller. Emma Burncastel se leva, abandonnant café et journal avant même leur arrivée, et eu la surprise de voir la petite en faire autant. Alors qu'elle montait dans l'avion, la surprise se poursuivit lorsque, s'asseyant à sa place, elle vit le petit brin de fille remonter la rangée d'à côté pour prendre le siège à sa droite. S'asseyant doucement, elle prit le temps de remettre en place les plis de sa robe avant de s'attacher et de sortir son livre d'un petit sac à main. Avisant Emma, elle lui adressa un second sourire candide avant de se plonger dans la lecture à nouveau. Silencieuse.

[HRP : C'est couuuuurt >< mais bon au moins j'aurais de quoi reprendre lorsque mon tour viendra ou au moins de quoi reposter en cas de trou ^^ j'espère que ça vous plaira. Désolée pour les fautes, je n'ai pas le temps de relire au moment où je poste.]
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MessageSujet: Re: Chapitre 1 : Conférence Lun 14 Jan - 20:58

Alex était toute ouïe, enregistrant chacune des informations que daignait bien leur donner le type au masque blanc, l’Entremetteur comme il se plaisait visiblement à ce qu’on l’appelle. Elle n’en retira pas grand-chose qui vaille réellement la peine d’être entendu, du moins rien qu’elle ne sache déjà en partie, mais elle ne s’était de toute manière pas réellement attendue à des révélations d’importances cruciales quand la réunion se trouvait dans un lieu ouvert aux quatre vents.
Et puis ce fut au tour de ses camarades de se présenter, un passage dont elle ne doutait pas de l’importance puisque ça lui permettrait de se faire une première impression des personnes avec lesquelles il allait visiblement falloir qu’elle travaille dans un avenir proche. Le seul truc un peu embêtant là dedans, c’est qu’elle devrait donc forcément en passer par-là elle aussi et ça, ça la faisait déjà beaucoup plus chier mine de rien. Enfin, on n’y était pas encore.
Pour l’instant, c’était à celui fraîchement élu chef des troupes de dire son petit mot. Puis le tour d’une jeune femme blonde, d’un type qui lui apparut immédiatement comme digne de méfiance, et quelques autres dont elle tenta bien que mal de retenir leurs noms à tous. Plus facile à dire qu’à faire. Néanmoins, il était plutôt pratique de savoir qui était qui lorsque l’on avait à officier dans un petit groupe.
Plus rapidement qu’elle ne l’avait tout d’abord pensé, ce fut à elle de dévoiler son identité. Et bien que cette idée ne l’enchantât guère il fallait bien qu’elle s’y prête, le plus rapidement serait le mieux. Aussi se leva-t-elle en arborant un air rapidement résigné, qu’elle balaya bien vite tandis qu’elle se dirigeait vers la scène de son habituelle démarche élastique.
Il y avait au moins un avantage à se planter là, c’est qu’elle pouvait balayer tranquillement la salle du regard et observer à loisir toutes les personnes présentes. Ce qu’elle ne se priva pas de faire durant une bonne poignée de secondes, avant de finalement se décider à ouvrir la bouche.

« Salut. » Voilà qui était fait pour la partie des politesses. « Moi c’est Alex. J’fais partie des Pilotes. »

Pilote, pas taxi, pigé la nuance les dudes ?

Alex leva une main pour se gratter l’arrière du crâne, ébouriffant plus qu’elle ne l’était déjà sa courte tignasse revêche. Elle n’avait pas grand-chose d’autres à dire face à tous ces visages inconnus, et encore moins le désir de le faire, peu sociable comme elle l’était. De toute manière, c’était amplement suffisant comme présentation, non ? Personne n’avait besoin de savoir sa vie dans les moindres détails.
Ni sa motivation quant à ce qui s’annonçait, puisqu’il semblait après tout assez logique que si elle était venue, c’est qu’elle avait des bonnes raisons pour ce faire.

Alors dans la mesure où ça ne dérangeait personne, Lex s’apprêtait de virer de la scène pour rejoindre la petite place qu’elle s’était trouvée avant que tout ceci ne commence. Et ce fut à peu près à ce moment que deux personnes s’invitèrent sur scène, l’une au bout du flingue de l’autre, l’autre qu’elle reconnaissait puisqu’elle était montée ici à l’instant en compagnie du français. L’occasion idéale pour s’éclipser, estima-t-elle, et elle sauta d’un bond léger de l’estrade, pour ensuite aller s’adosser contre un mur dans un recoin d’ombre.
Curiosité bien éveillée par ce petit incident totalement impromptu, son unique œil valide ne comptait pas perdre une miette de ce qui allait se passer.
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MessageSujet: Re: Chapitre 1 : Conférence

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Chapitre 1 : Conférence

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